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Des mots tendances pour DRH prévoyant !

Depuis l’an passé, les DRH passent de la GPEC (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et de la Compétence. Demain) à la prospective. Quelles conséquences dans la relation sociale ?

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Changement(s) & bouleversement(s)

Depuis la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’Union Soviétique et le 11 septembre 2001, le monde s’est drastiquement transformé et complexifié.

Hier, toutes les sociétés s’inscrivaient schématiquement dans un cadre donné. Ce dernier a volé en éclats en réduisant à néant les références d’alors, qu’elles soient politiques, économiques, culturelles ou sociétales.

En sus, la technologie, avec la généralisation Internet et le Web 2.0, ont engendrés de nouveaux rapports de force dans l’entreprise (marque, marchés, management, relation client, ressources humaines, etc.). Hors cadre d’hier et la technologie aidante, les rapports humains sont bouleversés en profondeur.Quelles conséquences dans la relation sociale ?

Quelles conséquences dans la relation sociale ?

Nous sommes entrés, depuis peu, dans l’ère de l’imprévisible, une époque dans laquelle les vieux schémas d’explication du monde ne nous conduisent plus.

L’Homme se compose de multiples fractions identitaires. Il mixe, sans cohérence, les codes, les genres, les signes… Dans quel but ? Consciemment ou non, il construit une mosaïque iconoclaste du mouvement en créant en temps réel sa propre histoire globale, basée sur de multiples parcelles de temps intimistes. Conséquences ? Il perd peu à peu ses comportements totalement prévisibles car il ne suit plus une trajectoire, mais fourmille de milles trajectoires s’adossant l’une à l’autre. Il n’est plus catégorisable dans une seule « case ». L’Homme choisit ses propres références pour se construire librement et mériter son destin. La « ressource humaine » est en passe de devenir une « vraie » richesse, mais comment la projeter ?

Quel rôle pour le DRH dans cet ère de l’imprévisible ?

Le DRH est en veille permanente, et depuis de nombreuses années déjà, il est, plus ou moins prévisionniste. Par réflexions et maintes discussions, les acteurs RH s’adonnent, ponctuellement, spontanément, à des spéculations sur le futur, à des tentatives pour anticiper la relation humaine, dans sa ressource comme dans sa richesse. Depuis peu, est apparu la « prospective RH ». Prospective, un mot qui intrigue, qui inquiète mais qui passionne !

 

De la veille à la prospective…

Que signifient donc tous ces mots qui nous invitent à conjuguer le futur ?

Sans apparaître académique dans les définitions, arrêtons-nous sur ces quelques mots. S‘ils sont riches en contenu, leurs actions s’exercent dans des espaces-temps différents.

La veille est un constat de l’existant. C’est une surveillance de l’environnement industriel et commercial de l’entreprise permettant son adaptation simultanée aux changements de ce dernier. Dans l’espace-temps, la veille est la permanence.

La mode est une manière d’être, de penser, de se comporter ou d’agir érigée en norme sociale dans une société donnée. La mode est particulière à quelqu’un ou propre à un groupe social, une région, un pays. La mode est également un ensemble d’habitudes passagères, conformes au modèle esthétique reçu par la société à laquelle on appartient. En RH, si le besoin du moment est acquis par une chose nouvelle ou présentée comme telle, et qu’elle reçoit la faveur du public, la chose nouvelle devient mode. Dans l’espace-temps, la mode se définie par ce qui est établi de manière durable, stable, ou sur une période donnée jusqu’à renouvellement.

Le phénomène est un constat par l’expérience. Le phénomène est susceptible de se répéter ou d’être reproduit, et d’acquérir une valeur objective, universelle. Ainsi, tout ce qui arrive, se produit, se manifeste et que l’on peut observer sans en connaître ou sans en rechercher obligatoire la cause, est phénomène. Dans l’espace-temps, le phénomène est alternatif, spasmodique.

La prévision est l’observation d'un ensemble de données. Cela permet d'envisager une situation future et d'entreprendre des actions pour y parer concrètement. On peut assimiler la prévision à la prévoyance. Cette observation se concrétise, généralement, par des études générales d'une situation donnée, dont on peut, par déduction, calcul, mesure scientifique, connaître par avance l'évolution telle la GPEC. Dans l’espace-temps, la prévision est à la fois permanente, alternative et projective.

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La tendance est une projection du passé immédiat. C’est un mouvement d’ensemble, ou plus précisément, une orientation qui se dégage de l’examen, de la comparaison d’un certain nombre de faits et de leur évolution, sur une période donnée. Des consultants indépendants, les tendanceurs, ou des agences de style se sont spécialisées sur cette activité. Le cahier de tendance est leur principal produit, tel que Carlin International par exemple.

L’espace-temps de la tendance s’effectue à 2/3 ans, voire moins depuis quelques années, Internet permettant la diffusion, plus rapide qu’hier, d’éléments de changement.

La prospective est une discipline qui se propose de concevoir et de représenter les mutations et les formes possibles d’organisation socio-économiques d’une société ou d’un secteur d’activité dans un avenir éloigné.

Les prospectivistes oscillent constamment entre le possible et le souhaitable. Cette appréhension du futur se situe dans un espace-temps à 10/25ans. Les prospectivistes produisent également des Cahiers de prospective. Au-delà de 25ans, nous parlons alors de futurologie. Notons les excellents travaux de Eric Seuillet , dont la Fabrique du Futur relate les approches et les expériences

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Prospective : rôle et fonctionnement.

Le rôle que joue la prospective est de faire émerger des images contrastées du futur. Ces images sont mises en scène sous forme de scénarios ou d’intuitions. Par conjectures interposées, le prospectiviste tente de donner du sens à une lointaine projection. La première méthode, les scénarios, permettent d’immerger les acteurs sollicités par l’exercice au sein de récits parlants. La seconde méthode, l’intuition, recherche ce qui n’est pas du domaine du logique et prend des risques.

Des deux méthodes, aucune n’est meilleure que l’autre. Il semble simplement qu’à 10ans, la seconde semble plus efficace. Ainsi, le SMS et Actimel sont nés d’intuitions. Si en France, la méthode des scénarios rassurent l’esprit cartésien ; étatsuniens et canadiens préfèrent la méthode intuitive.

Là où le DRH s’adonne à des spéculations sur le futur, par intuition ou en construisant des scénarios, nous pouvons dire que le DRH « fait » de la prospective. La prospective est un travail d’explicitation (et non d’explication), d’approfondissement et de critiques de ces spéculations.

Une prospective se construit au travers de quatre ou cinq schémas. Il est indispensable de travailler sur tout ce que demain peut être ! Le rôle principal de la prospective est de savoir changer son regard et inciter à agir pour que les futurs sombres ne se réalisent pas. En proposant des ruptures, l’entreprise évite le conformisme. Quitte à paraître utopique, il y a toujours des idées intéressantes dans l’imaginaire.

En général, l’un des schémas est une prolongation des tendances récentes, sur la base des évolutions observées des dernières années. Cette démarche s’apparente davantage à une projection qu’à une approche narrative. Elle ne permet pas de conclure à des ruptures significatives. D’autres schémas prennent la forme de récits centrées autour d’idées forces ayant émergé lors de rencontres avec les acteurs concernés. Les schémas générés par une prospective peuvent inquiéter, voire indigner.

La prospective, en multipliant les futurs possibles, offre ainsi aux acteurs l’opportunité de réfléchir ensemble aux stratégies d’action les plus appropriées pour parvenir à vivre en harmonie de la richesse humaine.

 

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Prospective… & profiling !

A peine le mot prospective est-il entré dans le lexique RH, que voici le « profiling » (profilage en langue française)… Mais qu’est-ce donc ?

Le profiling est une démarche née aux États-Unis, dans les années 50. Le psychiatre James A. Brussel fut sollicité par la Police de New York pour l’aider à résoudre une série d’attentats dans des salles de cinéma. La précision des signes permit d’établir un profil exact du criminel et de conduire à son arrestation.

Issue des méthodes de la criminologie moderne, les étatsuniens et les canadiens se sont inspirés de celles-ci pour s’immerger dans leurs problématiques respectives. Ainsi les spécialistes du branding, du design et également de la RH utilise cet outil proactif sociétal depuis une dizaine d’années.

Comment une marque vit-elle son consommateur et comment celle-ci peut elle évoluer selon une projection des éléments sociétaux à venir ?

Comment un profileur DRH peut-il se fondre aux profils psychosociaux face au monde du travail, de l’emploi et des projections à 3/8 ans ?

Un profiler (profileur en québécois) apportent des réponses à ces questions par ses investigations, en se fondant aux profils psycho-comportementaux. Son analyse va permettre d’aider à anticiper le demain et introduire les ruptures possibles, ce, en évitant les impasses sur ce qui s’appelle les éventualités.

A ma connaissance, nous n’avons pas en France, dans les domaines précités, de spécialistes dénommés ainsi.

Dans les analyses sémiologiques, nous empruntons des processus liés au profilage. Son application est triple : compréhension de l’actualité, anticipation comportementale du consommateur et transfert dans le temps. Le sémiologue travaille alors autant sur la matière cognitive (le capital humain), l’élément (produit ou service) que sur le temps (flux).

Parallèlement à la prospective et au profiling, il est important de souligner l’existence des « laboratoires d’usage » (Lab User). Ceux-ci permettent d’offrir une analyse comportementale quasi en direct et de projeter les comportements humains dans le futur.

Travailler sur le « capital » humain, c’est accepter de travailler sur la science humaine, dans son ensemble. C’est donc accepter d’utiliser des outils relevant du constat, de l’observation et de la psychologie.

Pour construire nos lendemains, utilisons la richesse des mots pour faire rayonner la ressource !

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