Depuis que j’enseigne la sémiologie auprès d’étudiants, je suis sidéré à quel point Internet devient peu à peu un tout… Un tout-venant d’informations fait d’écrits, de récits et d’images. La précision s’impose : j’enseigne auprès d’une trentaine d’étudiants de niveau Communication & Design, tous en Master 5 réparti à 50/50 en Université et en Ecole privée. Master 5…
Ils ne viennent pas d’avoir leur Bac ! Donc,
pas d’excuses !
Pourtant quand nous travaillons des sujets, la référence est quasi exclusive : Internet. Quand ils exposent leurs travaux sur PowerPoint, les images proviennent des bases de données sur Internet. A l’ère du tout numérique, entre les appareils bon marché et le téléphone mobile, il est regrettable que leur travail de réflexion ne soit pas agrémenté de prises de vue personnelles.
En fait, assez peu se promène dans la rue pour voir, écouter, disséquer une marque. Peu se pose la question de la manière d’exposer un produit, peu écoute le consommateur lambda. Non, la plupart se précipite sur leur ordinateur, et Google est leur harpon ! La majorité des informations qu’ils trouvent proviennent d’Internet.
C’est bien ! Mais pas assez ! L’idéal est toujours de croiser ses informations, qui plus est quand elle est virtuelle !
En dehors d'Internet, il y a pourtant masse d'informations ailleurs...
Pareillement, il est
regrettable que mes étudiants ne s’engagent pas assez à apprendre la Culture.
Certes, l’expo design d’ici, l’expo d’une marque là, etc., font partie de
l’apprentissage. Par contre, visiter un musée, une exposition sur tel ou tel
artiste qui fait parti du patrimoine culturel de la France, de l’Europe ou du
Monde ne semble pas ravir mes potaches… Je me suis donc posé des
questions : Prix des entrées ? Non ! Pas le temps d’y consacrer
un moment ? Non plus. File d’attente ? Non. Manque d’intérêt ?
Un peu. Quand, par contre, le Musée est sur la Toile, cela fonctionne mieux.
Mais comment apprécier l’œuvre d’un artiste sur un écran. J’ai essayé. Je n’y
suis pas arrivé. Internet n’est pas le tout. Et celui ou celle qui est appelé
demain à réfléchir sur la communication d’une marque, sur le design d’un
produit ou d’un service se doit de « se cultiver » à l’Art avec une
grand A. C’est important pour soi ! C’est important pour sa connaissance.
Ceci est plus important qu’Internet !
En sus de cette note d’humeur, je regrette
que les étudiants (pas tous bien sûr ! il y a toujours exception !)
prennent mes commentaires de cours directement sur leur ordinateur. Quid de
l’écrit ? Quid de la manière dont on absorbe la connaissance via un
clavier ? En plus, de ceux ou celles qui m’interrompt pour me faire
comprendre que je « parle » trop vite, c’est le comble ! Car si
je mets le même sens au contenu de mes propos, j’y mets rarement les mêmes
formes.
Il serait dommage que mes cours se transforment en dictée…

article intéressant. Mais y-a-t-il vraiment matière à s'étonner ou s'indigner?
Internet est le plus formidable moyen de s'informer sur de plus en plus de sujets. Il est à portée de main, et pour qui sait s'en servir, il n'est pas de meilleur outil. Il n'est pas étonnant que les étudiants, qui sont désormais nés avec Internet ou presque, y aient recours à titre principal. Il est vrai qu'il faut tenter cependant de les amener à varier leur modes d'information ou de perception, de sorte que le monde ne devienne pas seulement virtuel.
Rien de tellement anormal toutefois: les professeurs des générations précédentes auraient sans doute pu se plaindre eux-même des étudiants qui ne vivaient et ne se renseignaient qu'à travers les livres....
Pour la prise de notes sur ordinateur, même réaction: cela me semble une bonne idée a priori. Les informations gardées sous forme électronique sont plus facilemeent accessibles, exploitables, utilisables, et ce pendant des années, alors que les archives papier nécessitent beaucoup plus d'espace de stockage pour une efficacité moindre. Mais de même qu'il faut savoir prendre des notes par écrit - prendre des notes ce n'est pas enregistrer la totalité du texte sans différencier les points-clés du reste -, il faut toujours savoir les prendre sur ordinateur. Celui qui ne sait pas trier les informations en prenant des notres sur ordinateur - et demande par conséquent au professeur d'aller moins vite (!) -, c'est aussi celui qui ne sait pas prendre de notes avec un stylo....
Par ailleurs, il existe maintenant des stylos électroniques, couplés à une clé USB-récepteur, qui permettent de concilier les deux formes de prise de notes: on écrit normalement mais le signal est conservé sur une clé USB et restitué comme avec un scanner. Les recherches sur mots-clés et la transformation en caractères d'imprimerie sont possibles avec un logiciel de reconnaissance de texte intégré.( à peu près 100 euros chez DANELEC - je n'y ai pas d'action mais c'est plus facile à retrouver pour ceux que cela intéresse - ).
Rédigé par: Jean-François Devémy | 30 octobre 2008 à 14:52