La rémunération, un mode de rétribution…
De sa racine latine remuneratio « rémunération, récompense, reconnaissance », le mot apparaît seulement en 1300 pour définir le prix d’un travail, d’un service. Il est repris, vers 1540, dans la littérature religieuse avec le synonyme de « bénévolence », telle la récompense.
Alors que dès le 12ème siècle, ce n’est pas le mot rémunération qui était employé mais le mot rétribution.
D’un point de vue sémantique, le mot rétribution est empreinté au latin retribio qui signifie récompense, mais égalememnt riposte, renvoi. Institué par la religion chrétienne, puis vulgarisé, le mot est apparu dans la langue français au 12ème siécle pour définir la reconnaissance par la récompense d’un service.
En délaissant les argots et les régionalismes, le sens de rémunération est relié -entres autres- aux synonymes suivants : Appointement, commission, courtage, dédommagement, émolument, gage, honoraire, indemnité, paie, salaire, traitement. Tous ces mots définissent, selon les contextes qui leur sont propres, des avantages en nature ou des sommes d’argent que l’on reçoit en échange d’un travail.
Pour un salarié, la rémunération peut comprendre le salaire en tant que tel, mais aussi les variables du salaire (primes, commissions, intéressements, etc.), mais également les périphériques de la rémunération : mutuelle, prévoyance, retraire, formation, participation aux bénéfices, tickets restaurants, etc. N’oublions pas les avantages sociaux et les intéressements, faisant autant parti d’un salaire. Le dividende n’est pas une rémunération, alors que les abus de langage l’inclut d’office.
Dans cette énumération, si la récompense peut être perceptible par la variable d’une rémunération, la reconnaissance est plus difficilement palpable.
Réconcilier la reconnaissance et la rémunération…
Au regard des lois qui régissent notre vie sociale et de la signification sémantique ; le sens du mot rémunération semble être bien compris, moins celui de la reconnaissance, plus souvent attribué à la récompense (notamment la variable du salaire).
Avec la récession de 2008-2009, les composantes de la rémunération ont été malmené et les DRH ont eut fort à faire, ou à ne pas faire, pour limiter les risques ; notamment avec les rémunérations qui ne correspondaient pas aux bonnes pratiques de gouvernance, en particulier sur la partie variable du salaire, le bonus. Dans ce contexte, plusieurs juridictions nationales ont développé des modèles de pratiques de rémunérations pour en limiter les abus. Le sujet des rémunérations est complexe pour les DRH, autant que la préservation ou la remise en cause des « acquis » sociaux, qui -surtout dans la législation française- sont un périphérique de la rémunération.
Les différentes crises seront-elles un tremplin pour (re)visiter la définition de la rémunération ? La question est posée, reste à trouver des réponses…