Le design dans tous les sens...
Le design, ce n’est pas que pour faire joli ! Il est surtout là pour donner du sens. Si le design doit révéler les objets et les lieux plus ergonomiques, plus pratiques et plus beaux, il doit avant tout rendre avant tout service. Bien avant de « faire » joli, le design doit être utile, lisible, reconnaissable et séduisant pour tout le monde. Et ce tout le monde, c’est vous, c’est moi, mais aussi ceux et celles qui ne possèdent pas ou ne possèdent plus l’un de nos cinq sens. Le design dans tous les sens, c’est incarner le handicap dans la réflexion. Une bonne idée n’est jamais suffisante si le design de l’objet ou du lieu n’est pas claire et comprise par tous. Le design, c’est l’accessibilité : «le design est un acte social. ».
Le handicap avec tous ses sens...
Le design sensoriel met en œuvre une interactivité entre le produit et l’utilisateur. Quid du design dans tous les sens, quand, justement, le handicap d’un sens fait son apparition ? Devant l’émergence du design sensoriel qui permet d’accroître la sophistication des objets, comment le handicap s’inscrit-il dans ces motivations. Depuis longtemps, sans handicap, nous utilisons la télécommande TV, .... Sa conception et son design ont pourtant été, à l’origine, élaboré pour des utilisateurs handicapés (mobilité réduite chez le senior, handicap physique, etc)... L’innovation est donc étroitement liée avec la mise en application ou la substitution d’un sens afin que l’utilisateur bénéficie de fonctions ad’hoc ou élargies. Qu’ils s’agissent des qualités visuelles, ergonomiques tactiles, sonores ou odorantes d’un produit, le design doit intégrer la cohérence entre le besoin de l’utilisateur et l’ensemble des stimuli produits ou non par ce dernier. Le produit ne doit pas avoir seulement une « signature sensorielle », mais bien exprimer le sens pour être perçu par celui ou celle qui en est démuni. Si la vision et le toucher sont des sens bien compris des designers, les couleurs, le poids, les matières, la densité semblent encore échapper au cahier des charges des concepteurs.
Ce texte a été rédigé conjointement avec Marie-Pascale Mignot, architecte et enseignante ISIC (Institut des Sciences de l’Information et de la Communication Université Bordeaux 3) & François-Xavier Bellest, sémiologue chez ALEXSENS, et intervenant professionnel ISIC
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