
Comme vous le comprendrez, les propos qui vont suivre et qui n’engage que moi constituent une critique sur l’appellation « l’exception culturelle française ». Cette critique résulte d'une problématique sur le sens (non) adapté à son contenant…
Ainsi, en France, j’entend souvent l’expression « l’exception culturelle française ». Soit ! Mais que signifie cette expression quasi revendicative ? D’un point de vue extérieur (je parle là des étrangers qui « écoutent » notre beau pays), l’expression fait sourire, voire fait rire (il y a de quoi !).
Alors que mettent les uns et les autres derrière cette expression ? J’ai essayé de savoir en sondant ici et là des acteurs de cette exception. Oui, des acteurs, des comédiens, mais aussi des politiques, des journalistes, et des gens comme vous et moi, des Français tout simplement…
En dehors de la gente culturelle et politique, pas de définition ni contenu exact et précis de cette exception culturelle. Alors je me suis intéressé au contenu défini par la gente politique et culturelle.
Sur un plan politique, il est intéressant de savoir que les Français ont été sans doute les premiers à introduire la notion d'exception culturelle dans les relations internationales. C'était à l'occasion des négociations du GATT, dans les années 90, lorsque se posa la question de savoir si la libéralisation des échanges devait s'appliquer aux biens et services culturels.
Sur le plan culturel, la seule problématique est que la gente française ne souhaitent que la culture soit un bien comme les autres, susceptible d'être régie par les seules lois du marché et de la concurrence. La France croit que la culture ne saurait être réduite à un produit marchand.
Nous y voilà ! Une question d’argent et de (fausse) fierté nationale. Personnellement, je considère la culture comme un produit marchand. Sur ce propos, juste deux remarques : d’une part, si la culture n’était pas un produit marchand, pourquoi son accès est-il payant en France ? D’autre part, comment nos artistes et nos créatifs vivraient-ils ?
Considérant alors que la culture n’est pas un produit marchand, la France s’est donc engagé dans un combat contre l'uniformisation et la standardisation du monde afin de préserver la diversité de la création culturelle. Un enjeu autant politique qu'économique.
Nous y voilà (bis) ! Préserver une diversité de création culturelle n’est pas une exception typiquement française !
Nombre de pays « sponsorise » et « protège » la diversité de création culturelle ! Je vais prendre l’exemple du Canada et de la province du Québec que je connais bien. La majorité des « supports » culturels sont soutenus financièrement et politiquement par tous les acteurs. Le livre, support d’éducation et d’ouverture culturel est encore plus soutenu et encouragé que la filière du livre en France. Et les québécois ne crient pas pour autant à l’exception culturelle québécoise !
A travers la défense de la diversité culturelle, le Québec défend aussi le dialogue interculturel. Le dialogue entre civilisations est capitale pour le Québec tout comme il l’est pour la France !
Conclusion :
Acteurs de la politique et de la culture en France devraient réviser leur dictionnaire et utiliser le bon vocabulaire (pourtant très abondant en langue française) pour exprimer le vrai sens de leurs pensées.
Car à force de crier à l’exception culturelle une confusion a été créé dans la notion de la défense de la diversité culturelle… !
A quand une remise à niveau pour plus de clarté conceptuelle ?